par Valérie Bui | 19 Nov 2019 | Créations
[vc_row][vc_column][vc_column_text]Si le point de départ de ma première collection Tila est le culte Vaudou en Afrique, je me suis aperçue que mes pièces peuvent évoquer des univers parfois très lointains de mon inspiration première. Ainsi, le crâne du grand martin-pêcheur suggère pour certains un masque vénitien et le sautoir Cadenas est jugé, pour d’autres, surréaliste et mystérieux.
Pour commencer, plusieurs personnes de mon entourage ont choisi une pièce de ma première collection et écrit quelques lignes sur ce qu’elle évoque pour elles.
Merci à Nathalie, David, Andrea et Agnès qui ont ouvert la voie…[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_separator css= ».vc_custom_1655113061390{padding-top: 30px !important;padding-bottom: 30px !important;} »][vc_column_text]
La bague Petite Perruche entre 2 doigts par Nathalie Sokierka
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« Mon choix s’est porté sur cette magnifique bague » Entre 2 doigts » qui évoque à mes yeux une version vraiment originale des « Toi et Moi », bijoux que j’affectionne particulièrement.
La composition de cette pièce me fait penser aux Vanités du XVIIIe siècle de par la représentation minutieuse, du crâne de perruche en argent, orné d’un grenat facetté avec à l’opposé une perle de verre ancienne de Venise, et ces tonalités semblent ressusciter les soirées baroques de la cité chère à Casanova. »
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Le sautoir Petit Martin-Pêcheur par David Meyer
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« Spectateur recueilli de l’exposition Vaudou à la fondation Cartier, je découvrais en septembre 2011 les objets collectés par Jacques Kerchache.
La magie du désenchantement, celle du sortilège, opérait déjà en moi et longtemps j’attachais à toutes choses les vertus d’occlusions et celles expansives qu’elles pouvaient contenir.
Je liais sort jeté ou exorcisé en une mécanique cérémonielle, je l’appliquais dès lors en imagination au monde que je côtoyais.
Un rêve où causalités et sorts ne font qu’un, somme toute.
C’est dans les bijoux de Valérie Bui que je me familiarise avec cette idée.
Enchâsser à cadenasser le vœu au bec pour lui clouer littéralement le verbe, nouer monnaie à l’orbite aveuglément.
Un bijou incantatoire aux nobles reflets d’argent et bec vermeil où l’organique d’un crâne rutilant dialogue avec la patine cultuelle aux effets de fumée et de sang (Fancy noire de Venise) ; une perle multicolore rare effleure en corolle une sphère magique.
Un bijou votif, un sortilège amoureux ?…
Valérie Bui propose un objet sans charges autres que sa plasticité impeccable et sa beauté combinatoire, un assemblage hétérogène dont on sait déjà qu’il opère le charme dont le porteur le charge. «
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La manchette Petit Martin-Pêcheur par Andrea Guinez
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« De terre en ciel
Tu ne dis mot
Souffle voluptueux
Astre enchanteur
Chagrine innocence
Tu t’éloignes avec elle
Et ton secret »
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Le sautoir Multi-symboles par Agnès Lefebvre
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« Il n’existe pas d’art pour l’art en Afrique. Les artistes ne signent pas leurs œuvres.
Les productions artistiques africaines répondent toujours à un besoin de protection contre les vicissitudes de la vie autour des thèmes majeurs de l’existence humaine : favoriser la fertilité dans un sens très large qui va de la procréation aux récoltes, contrer les maladies et la mort, s’attirer les faveurs des ancêtres afin qu’ils luttent de concert avec les vivants.
Le culte du vaudou relaye ces thématiques universelles par le biais de fétiches. La force des intentions des féticheurs émane de ces pièces dont l’énergie n’a d’égale que la volonté d’éloigner le profane.Les « bijoux-fétiches » de Valérie Bui s’approprient cette pulsion de vie. Ils contiennent cette puissance protectrice grâce à l’emploi des symboles forts du vaudou : le crâne d’oiseau, le cadenas qui verrouille le vœu au bijou, les pierres extraordinaires trouvées au hasard mais dont la particularité est associée à un magnétisme surnaturel…
Tous ces symboles sont présents dans le travail de Valérie Bui et transmettent au métal précieux une force spirituelle.Ces bijoux-fétiches sont des portes ouvertes sur le sensible, l’essence même de l’existence. Ils sont l’évocation des puissances à l’œuvre qui vont d’un battement d’aile aux mouvements telluriques et galactiques. Ils matérialisent les limites entre le monde tangible et celui qui dépasse la raison et le conscient. »
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par Valérie Bui | 24 Oct 2019 | Creations
I would like to share with you the emotion I feel for the ancient beads found in West Africa. I have been collecting them for more than twenty years now. Since they are sought after by many collectors, they are increasingly rare and often damaged. When I mention the notion of bead, it refers to any small object that can be put on and therefore worn as a necklace, ornament... or integrated into a set of jewels.
A story of encounters and discoveries
It was on African markets and in Dakar in particular that I discovered the world of beads. Having lived with my husband in Senegal for five years in the course of our professional careers, I had the opportunity to establish friendly relationships with an experienced collector and art dealer, David, who introduced me to their diversity and history. Their aesthetics and the moments of humanity they conveyed immediately touched me. Inspired by these beads and encouraged by David, I started creating some necklaces and collecting a wide variety of beads. This devouring passion has since then known no interruption since back in Paris I have always continued to frequent the African markets, colorful and shimmering, and to hunt for beads during my travels including outside the African continent. The quest for beads is a theme in each of my travels and a pretext for encounters and discoveries. As the beads have travelled, sometimes very far from their place of manufacture, it is always a moment of intense emotion when I find beads identical to those found in Africa in other countries such as India or Thailand, or simply when visiting museums.
Each discovery is a magic moment that remains in my memory. During a trip in the Mauritanian desert, with my husband, we met nomads on the road. One of the women presented me with an ancient bead, a single bead, very beautiful, made of glass, square shaped, which was probably produced in the Middle East (Syria or Persia) between the 10th and 15th centuries. What a surprise in the middle of the desert to discover such a magnificent bead, wich was in perfect condition!
A unique variety and beauty
All the ancient African beads, in their infinite variety, are likely to touch me: the raw material, patina and sensuality of the shapes and materials of Neolithic beads; the colors, brilliance, fragility and resistance of glass beads (whether from Italy, Bohemia, Holland or Africa); the softness of touch, organic shapes and colors ranging from yellow to brown and amber; the energy released by the red coral beads, gullied, brought back by the Portuguese in the 15th century and used by craftsmen in the Kingdom of Benin to make sumptuous clothes and facings for their chiefs and dignitaries; the richness of motifs and texture of Islamic glass beads in the Middle East...
Sensitive to their aesthetics, history and symbolism, I attach the utmost
importance to their authenticity and quality, which give them their full value.
In my creations, I am committed to respecting the history of these beads and
sublimating their beauty through a contemporary aesthetic.
par Valérie Bui | 23 Oct 2019 | Créations, Rencontres
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J’aimerais vous faire partager l’émotion que j’éprouve pour les perles anciennes trouvées en Afrique de l’Ouest. Je les collectionne depuis maintenant plus de vingt ans et recherchées par de nombreux collectionneurs, elles sont de plus en plus rares et souvent abîmées. Quand j’évoque la notion de perle, il s’agit de tout objet de petite taille susceptible d’être enfilé et donc porté en collier, ornement… ou encore intégré à une parure.
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Une histoire de rencontres et de découvertes
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C’est sur les marchés africains et à Dakar en particulier que j’ai découvert l’univers des perles. Ayant vécu avec mon mari au Sénégal pendant cinq ans au détour de nos parcours professionnels, j’ai eu la chance de nouer des relations amicales avec un collectionneur et marchand expérimenté, David, qui m’a initiée à leur diversité et à leur histoire. Leur esthétique et les moments d’humanité qu’elles véhiculent m’ont immédiatement touchée. Inspirée par ces perles et encouragée par David j’ai commencé à créer quelques colliers et à collectionner une grande variété de perles. Cette passion dévorante n’a depuis lors plus connu d’interruption puisque de retour à Paris j’ai toujours continué à fréquenter les marchés africains, colorés et chatoyants, et à chiner les perles lors de mes voyages y compris en dehors du continent africain. La quête des perles constitue une sorte de fil rouge à chacun de mes déplacements et un prétexte à rencontres et découvertes. Les perles ayant voyagé, parfois très loin de leur lieu de fabrication, c’est toujours un moment d’émotion intense lorsque je retrouve des perles identiques à celles trouvées en Afrique dans d’autres pays comme l’Inde ou la Thaïlande, ou tout simplement lors de visites de musées.
Chaque découverte est un moment privilégié qui reste inscrit dans ma mémoire. Lors d’un voyage dans le désert mauritanien, avec mon mari, nous avons croisé la route de nomades. L’une des femmes m’a présenté une perle ancienne, une seule perle, très belle, en pâte de verre, de forme carrée qui a probablement été produite au Moyen-Orient (Syrie ou Perse) entre le Xe et le XVe siècle. Quelle surprise en plein désert de découvrir une telle perle, magnifique et en parfait état !
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Des perles chargées d’histoire et de sens
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Au-delà de la magie des rencontres, ce sont des perles qui ont une histoire et portent en elles une richesse qui n’est pas seulement liée à leur esthétique ou à la valeur des matériaux qui les composent : elles véhiculent à la fois une histoire de transmission familiale, transgénérationnelle, et renvoient pour certaines d’entre elles aux échanges marchands entre pays. Fabriquées dans une grande variété de matériaux : cornaline, quartz, ambre, amazonite, coquillage, verre, argent, bronze, or…, les perles témoignent de savoir-faire ancestraux pour certains disparus (les perles de Kiffa en Mauritanie), ou qui se perpétuent avec une interprétation moderne (millefiori à Murano). En traversant parfois les continents et les siècles, certaines datant du Néolithique ou de la Mésopotamie, les perles sont chargées d’histoire et de sens. Elles ont gagné une patine, une usure qui n’est pas indifférente à la sensualité et à l’émotion qu’elles dégagent. Elles revêtent une importance tant sur le plan du patrimoine familial qu’au niveau des organisations sociales (chefferies ou royaumes). Qu’elles soient fabriquées en Afrique ou issues des échanges commerciaux, elles font partie intégrante des cultures africaines, elles transmettent un message et reflètent l’appartenance sociale et cultuelle des personnes qui les portent. Toutefois, le sens de ce message varie en fonction du contexte et des époques ; une perle, un collier ou un objet perlé n’ont pas la même signification partout.
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Une variété et une beauté singulières
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Toutes les perles anciennes africaines, dans leur variété infinie, sont susceptibles de me toucher : la matière brute, la patine et la sensualité des formes et matières des perles néolithiques ; les couleurs, l’éclat, la fragilité et la résistance des perles de verre (qu’elles proviennent d’Italie, de Bohème, de Hollande ou d’Afrique) ; la douceur du toucher, les formes organiques et les couleurs qui vont du jaune au marron en passant par le bordeaux des perles d’ambre ; l’énergie dégagée par les perles de corail rouge, ravinées, ramenées par les Portugais au XVe siècle et utilisées par les artisans du royaume du Bénin pour réaliser de somptueux vêtements et parements pour leurs chefs et dignitaires ; la richesse des motifs et la texture des perles de verre islamiques du Moyen-Orient…
Sensible à leur esthétique, à leur histoire et à leur symbolique, j’accorde une importance primordiale à leur authenticité et à leur qualité qui leur confèrent toute leur valeur. Dans mes créations, j’ai à cœur de respecter l’histoire de ces perles et de sublimer leur beauté à travers une esthétique contemporaine.
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par Valérie Bui | 14 Oct 2019 | Créations
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Lorsque j’imagine une nouvelle création, j’associe des idées, des matériaux, des couleurs et des émotions telles que je les ressens.
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Ce sont les sculptures anciennes du vaudou d’Afrique et leur esthétique non conventionnelle qui m’ont inspiré la collection Tila. Avec cette première collection, je souhaite transmettre l’énergie et la puissance brute qui se dégagent de ces sculptures. J’aime l’idée d’accumulation d’éléments, de mélange de matériaux, la part de mystère et de magie qui s’inscrivent dans des croyances ancestrales fortes. J’associe des thèmes à des matériaux et l’ensemble doit être cohérent. La collection Tila intègre des perles de verre anciennes fabriquées à Venise principalement entre le XVIIe et le XIXe siècle. Le choix des perles est naturellement réfléchi tant sur le plan du sens que de l’esthétique. Ces perles ont fait l’objet de commerce avec l’Afrique, notamment dans les pays où le culte Vaudou est encore pratiqué. Leur esthétique raffinée apporte un côté baroque qui contraste avec l’aspect brut des crânes et de l’argent noirci. Les crânes de perruche et de martin-pêcheur, qui respectent la taille réelle des oiseaux, pourraient sortir d’un cabinet de curiosités.
Pour mes créations, qui sont des bijoux-sculptures de grande dimension, je privilégie l’argent. J’apprécie la simplicité de ce métal, sa couleur qui peut être oxydée et prendre des nuances infinies de gris, de bleu et de rose. Il se se patine également dans le temps. Certaines créations intègrent un élément en or ou plaqué or qui apporte une chaleur en termes de couleurs et un côté plus précieux. Avec des perles anciennes ou des gemmes, mes créations plutôt brutes et contemporaines sont transportées dans l’univers de la bijouterie-joaillerie avec délicatesse, tout en subtilité.
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Pour réaliser un nouveau modèle, je commence par des croquis ou des maquettes. Je travaille ensuite avec des artisans français, chacun excellant dans leur spécialité. Nous réalisons ensemble les prototypes car l’expérimentation est très importante dans mon travail. Aussi j’interviens à chacune des étapes. Les créations sont entièrement réalisées à la main avec des méthodes traditionnelles. Les crânes de perruche et de martin-pêcheur de la collection Tila ont ainsi été réalisés par la technique de la fonte à cire perdue. A certaines étapes de la fabrication, je fais également appel à des technologies complémentaires comme la soudure laser pour ne pas abîmer les perles anciennes en verre qui ne sont ni collées, ni chauffées compte tenu de leur fragilité.
Si chaque modèle peut ensuite trouver des déclinaisons particulières, l’authenticité des matériaux utilisés et le mode de fabrication garantissent le caractère unique et singulier de chaque bijou.
Cette première collection s’inscrit pleinement dans mon univers, la création de bijoux contemporains, intemporels, à forte personnalité, des bijoux empreints de force et de mystère, des bijoux d’évasion.
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par Valérie Bui | 14 Oct 2019 | Creations
When I imagine a new creation, I combine ideas, materials, colors and emotions as I feel them.
The ancient sculptures of African voodoo and their unconventional aesthetics inspired me for the Tila collection. With this first collection, I want to transmit the energy and raw power that emerge from these sculptures. I like the idea of accumulating elements, mixing elements, mixing materials, the part of mystery and magic that are part of strong ancestral beliefs.
I associate themes with materials and the whole must be coherent. The Tila collection includes ancient glass beads made in Venice mainly between the 17th and 19th centuries. The choice of beads is naturally reflected both in terms of meaning and aesthetics. These beads have been traded in Africa, particularly in countries where the Voodoo cult is still practiced. Their refined aesthetics bring a baroque side that contrasts with the raw aspect of the skulls and blackened silver. The parakeet and kingfisher skulls, which respect the real size of the birds, could be found in a curiosity cabinet.
For my creations, which are large scale jewelry sculptures, I prefer silver. I appreciate it. the simplicity of this metal, its color which can be oxidized and take infinite shades of gray, of blue and pink. It will also get a patina with time. Some creations include a gold element or gold-plated which brings warmth in terms of colors and a more precious side. With ancient beads or gems, my rather raw and contemporary creations are transported in the world of jewellery with delicacy, all in subtlety.
To make a new model, I start with sketches or models. I then work with French craftsmen, each excelling in their own speciality. We make prototypes together because experimentation is very important in my work. I also intervene at each step. The creations are entirely handmade using traditional methods. The skulls of parakeets and kingfishers from the Tila collection have thus been made using the lost-wax casting technique. At certain stages of the manufacturing process, I also use technologies such as laser welding to avoid damaging old glass beads that are not neither glued nor heated due to their fragility.
If each model can then find particular variations, the authenticity of the materials used and the method of manufacture guarantee the uniqueness of each piece of jewellery.
This first collection is fully in line with my universe, the creation of contemporary and timeless jewelry, with a strong personality, jewelry imbued with strength and mystery, jewelry for escape.