Quand le bijou devient porteur de présence

Quand le bijou devient porteur de présence

Bien avant le symbole ou le récit, il y a la rencontre avec une forme.

Ce que les visiteurs perçoivent en premier

Lorsque les visiteurs découvrent les bijoux MEHARANH, ils me parlent rarement d’abord des symboles ou de l’histoire des pièces.
Ils parlent d’un regard. D’une présence. De quelque chose qui les attire sans qu’ils sachent immédiatement pourquoi.
Le design agit en premier. Le sens vient ensuite.
Cette réaction m’a toujours intéressée, car elle révèle ce qui me semble essentiel dans le bijou : sa capacité à exister au-delà de sa fonction décorative.
Un bijou peut être beau. Il peut être précieux. Il peut accompagner une tenue.
Mais il peut aussi porter davantage.

Une forme pensée pour le corps

C’est cette recherche qui guide mon travail.
Je ne conçois pas le bijou comme un simple ornement, mais comme une forme pensée pour le corps. Une forme capable d’établir une relation avec celui ou celle qui la porte.
Cette présence naît de plusieurs éléments qui dialoguent entre eux.

La sculpture : saisir une présence

MH Devoue-protecteur Broche

La sculpture d’abord.
Qu’il s’agisse d’un martin-pêcheur, d’une perruche, d’un crocodile ou d’un serpent, les figures animales occupent une place centrale dans mon univers.
Sculptées avec précision, elles ne cherchent pas seulement à représenter un animal. Elles tentent d’en saisir l’élan, le caractère ou la force singulière.
Elles condensent une attitude, une énergie, une manière d’être au monde.

Les symboles : ouvrir des lectures

Sautoir Univers Charges magiquesViennent ensuite les symboles.
Cadenas, clés, cloches, chaînes ou manilles. Des formes simples, parfois universelles, qui portent déjà une charge dans notre imaginaire collectif.
Une fois associées, elles ouvrent de nouvelles lectures sans jamais imposer une interprétation unique. Certains y voient un récit, d’autres une forme sculpturale, parfois même une référence inattendue. Le bijou reste ouvert. Il accueille les interprétations sans jamais les contraindre.

Les perles anciennes : une mémoire en mouvement

Les perles anciennes jouent également un rôle essentiel.
Perles de Murano, de Bohême, du Népal ou d’ailleurs, elles traversent le temps et les territoires. Chacune porte une histoire qui lui est propre.
Leur présence introduit dans le bijou une profondeur supplémentaire, comme une mémoire discrète qui continue d’agir.

 

Le métal : relier et mettre en tension

Le métal enfin.
Parfois structuré et précis. Parfois transformé par le feu, le martelage ou la torsion. Tantôt architectural, tantôt plus instinctif.
Il relie les éléments, les met en tension et leur donne leur cohérence.

La naissance d’une présence

Aucun de ces composants ne suffit seul. C’est leur rencontre qui fait naître le bijou.
Une composition où chaque élément conserve son identité tout en participant à un ensemble plus vaste.
Peut-être est-ce cela que perçoivent les visiteurs avant même de connaître l’histoire des pièces.

Une cohérence.
Une intensité.
Une émotion.

Ce qui m’intéresse n’est pas seulement de créer des bijoux. C’est de créer des formes capables de susciter une émotion. Des formes qui concentrent une tension, une force, une mémoire ou un symbole, et qui continuent à résonner bien après le premier regard.

Des bijoux qui ne se contentent pas d’être portés.
Des bijoux habités.

« Les souffles », magnifique poème de Birago Diop

« Les souffles », magnifique poème de Birago Diop

Très beau poème de Birago Diop, écrivain et poète sénégalais (1906-1989)

En hommage à feu mon cher ami David Meyer, trop tôt parti

David Meyer (1968-2022)

Écoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Écoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit,
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans l’arbre qui frémit,
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l’eau qui coule,
Ils sont dans la case, ils sont dans la foule :
Les morts ne sont pas morts.

Écoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Écoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
Ils sont dans le sein de la femme,
Ils sont dans l’enfant qui vagit,
Et dans le tison qui s’enflamme.
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans le feu qui s’éteint,
Ils sont dans le rocher qui geint,
Ils sont dans les herbes qui pleurent,
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
Les morts ne sont pas morts.

Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.

Il redit chaque jour le pacte,
Le grand pacte qui lie,
Qui lie à la loi notre sort,
Aux actes des souffles plus forts
Le sort de nos morts qui ne sont pas morts.
Le lourd pacte qui nous lie à la vie,
La lourde loi qui nous lie aux actes
Des souffles qui se meurent.

Dans le lit et sur les rives du fleuve,
Des souffles qui se meuvent
Dans le rocher qui geint et dans l’herbe qui pleure.
Des souffles qui demeurent
Dans l’ombre qui s’éclaire ou s’épaissit,
Dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,
Et dans l’eau qui coule et dans l’eau qui dort,
Des souffles plus forts, qui ont pris
Le souffle des morts qui ne sont pas morts,
Des morts qui ne sont pas partis,
Des morts qui ne sont plus sous terre.

Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend,
Entends la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.

Birago DIOP / LE SOUFFLE DES ANCETRES

(du recueil Leurres et lueurs, 1960, éd. présence africaine)
Sels

Sels

Sels d’argent oxydés par la lumière, aux noirs profonds révélateurs d’un regard singulier.

Mon père, arpenteur de sentiers montagnards et parfois urbains cueillait une mémoire de l’instant sans cadre ni composition.

À y soustraire, gratter, mettre à nu la surface des oxydes ;à révéler par le dessin le palimpseste d’un lien mémoriel signé de l’initiale du prénom de ma mère : celui de longues marches aux silences partagés.

David Meyer

Les œuvres de David Meyer me touchent profondément. Leurs messages très personnels renvoient aux interrogations humaines, universelles et intemporelles.

Puiser dans le passé pour éclairer le présent, faire vibrer la matière, forger des matériaux bruts sont autant de moyens d’expression pour répondre à la quête de sens.

En tant que créatrice de bijoux contemporains je partage pleinement cette démarche artistique et ressens cette énergie impérieuse.

Valérie Bui

Exposition

Du jeudi 20 janvier au samedi 5 février 2022.
Les jeudis, vendredi, samedis, de 11h-12h30 et de 14h-19h.
Sur rendez-vous les autres jours.
Vernissage le jeudi 20 janvier 2022 de 17h-21h.

Lieu

GALERIE MEHARANH 11 rue de Thorigny 75003 Paris
Bus : Saint-Claude (96 et 91), Rue-Vieille-du-Temple (29), Saint-Paul (69 et 76), Archives-Haudriettes (75)
Métro : Saint-Sébastien Froissart (ligne 8), Saint-Paul (ligne 1)

Ouverture de la galerie Meharanh à Paris

Ouverture de la galerie Meharanh à Paris

A la suite du lancement de ma première collection, j’ai le plaisir de vous annoncer l’ouverture de la galerie Meharanh en plein cœur du quartier historique du Marais à Paris, à quelques pas du musée Picasso.

Ce lieu à la croisée des galeries d’art, du quartier des artisans et des métiers d’art est idéalement situé dans un quartier apprécié des amoureux de la mode et de la culture.

La galerie Meharanh constitue à la fois mon atelier et un espace dédié à la présentation de ma ligne de bijoux d’évasion. Je souhaite également accueillir d’autres créateurs de bijoux contemporains et d’autres formes artistiques au travers d’expositions croisées ponctuelles.

Depuis son inauguration le 13 septembre dernier, la galerie Meharanh présente les dessins et collages de l’artiste ivoirien Ernest Dükü en partenariat avec la galerie Orbis Pictus. Les œuvres d’Ernest Dükü, les bijoux de Meharanh et quelques pièces d’art ancien d’Afrique partagent leur univers empreint de force et de mystère.

GALERIE MEHARANH
11 rue de Thorigny, 75003 Paris

Bus : Saint-Claude (96 et 91),  Rue-Vieille-du-Temple (29),  Saint-Paul (69 et 76), Archives-Haudriettes (75)
Métro : Saint-Sébastien Froissart (ligne 8), Saint-Paul (ligne 1)

Du jeudi au samedi, de 11h à 12h30 et de 14h à 19h.
Les autres jours sur rendez-vous : +33 6 86 18 89 52

 

Voodoo Soul

Voodoo Soul

Le voyage dans l’âme du vaudou est infini comme le sont ses représentations.
Les esprits et les forces du vaudou permettent aux Hommes d’accéder à l’au-delà et
de s’attirer leur pouvoir, leur bienveillance. Basé sur la puissance de la nature et sur la tolérance, ce culte attribue un esprit à chaque chose : humaine, animale, astrale ou végétale.

C’est cette concordance d’énergie que présentent les galeries Meharanh et Matarengo pour cette nouvelle exposition commune. L’âme du vaudou est portée par les bijoux de Meharanh et renforcée par leur proximité avec des fétiches anciens. Supports de voeux, passeurs de frontières, transmission de compréhension et d’ indulgence, cette alliance résonne des rites anciens et d’une création contemporaine.

Exposition

du dimanche 06.09.2020 au dimanche 13.09.2020
de 11h à 19h30 et les dimanches de 14h à 19h

Lieu

à la galerie Nouvellet 19 rue de Seine 75006 Paris

Contacts

Agnès Lefebvre : 06 63 60 69 51
Valérie Bui : 06 16 98 08 59
matarengo@gmail.com
valerie.bui@meharanh.com